COMMUNIQUE n° 18
Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur des livres :
" Le sang d'Algérie "
" Debout dans ma Mémoire "
" Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie
"
" L'Islamisme dans la guerre d'Algérie "
" Attaques et contre-attaques "
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX
Tel. : 01.64.65.50.23
NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 18 L'ETUDE SUIVANTE :
Contribution à l'étude du pourquoi et du comment de l'assassinat
de la France Sud Méditerranéenne (Evian 18-19 mars 1962)
A PROPOS DE TRAITRES, CONSCIENTS OU NON :
JE PENSE A CEUX QUI NOUS REPROCHENT D'AVOIR REFUSE L'ALLIANCE AVEC LE
F.A.A.D
(Front Algérien D'Action Démocratique, " mouvement
" qui a pris la suite du MNA, de Messali Hadj, Mouvement National
Algérien)
TOUT D'ABORD,
un rappel sur la mouvance Messali Hadj
1. Le PPA, Parti du Peuple Algérien, dissous en 1939, réapparu
en 1943 grâce à De Gaulle, dissous en 1945 après le
8 mai, date des évènements de Sétif.
2. Le MTLD, Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques,
à partir de 1946 jusqu'en 1954. Dissous après la Toussaint
Rouge.
3. Le MNA, Mouvement National Algérien, clandestin, théoriquement
concurrent du FLN.
Tous ces mouvements, sans exception, furent constamment contrôlés
par les services secrets français et les différentes polices
françaises. Messali était tenu en mains par l'ensemble de
nos services et polices, compte tenu de ses relations avec l'hitlérisme,
tout particulièrement pendant la guerre de 1939/1945. Compte tenu
de ses accointances avec Otto Abetz et la Commission d'Armistice germano-italienne
qui exerçait son contrôle à Alger, à partir
de 1940 jusqu'à 1942.
4. Le FAAD (Front Algérien d'Action Démocratique), est
apparu " sur le marché " comme par enchantement, en 1961.
Force dite d'opposition au FLN dans le but de faire échapper théoriquement
l'Algérie à la " dictature " du FLN.
Le FAAD était dirigé en théorie, depuis le Cabinet
du premier ministre. En réalité, il était commandé
par le chef, en Algérie, de la Sécurité Militaire
gaulliste qui agissait en étroite collaboration avec le commandant
FLN de la ZAA.
ENSUITE,
lorsque l'on se penche, en s'efforçant de rester sérieux,
sur cet organisme appelé Front Algérien d'Action Démocratique,
on est frappé par quelque chose d'assez inattendu.
Par le rôle que l'Hôtel Matignon a tenu, comme s'il avait
voulu donner l'impression qu'il jouait contre l'Elysée à
propos du devenir ultime de l'Algérie française.
On est frappé aussi du rôle qui fut celui de l'Elysée
: tout s'est passé comme si on avait voulu laisser s'amuser les
gens de Matignon.
Car on était convaincu à la Présidence de la
République, que les états d'âme et les desiderata
de Matignon, à supposer qu'ils fussent sincères, n'auraient
pas la plus petite influence sur le cap rigoureux que suivait la politique
élyséenne : l'abandon de l'Algérie française,
en soumission au GPRA, avec comme préalable la destruction de toutes
les organisations du FLN de l'intérieur, ainsi que les structures
militaires ou paramilitaires françaises qui pourraient gêner
l'action du GPRA. Car pour l'Elysée c'est, en faveur du GPRA et
du FLN de l'extérieur, qu'il fallait agir exclusivement.
Le cap était rigoureux : abandonner l'Algérie : Oui.
Mais, avant tout, éradiquer les opposants au GPRA d'où qu'ils
vinssent.
Anéantir l'OAS en toute priorité. Et surtout, faire
rester le maximum de Pieds Noirs en Algérie.
Il semble, selon toute apparence, exagérément entretenue,
que l'existence du FAAD ait été ignorée jusqu'au
19 mars 1962, parmi ceux qui étaient chargés de rendre effective
la mort de l'Algérie française. Citons, parmi les principaux
:
- Louis JOXE, ministre d'Etat, chargé des affaires algériennes,
qui ne dépendait que du général De Gaulle.
- Abderrhamane Farès, président de l'Exécutif Provisoire
qui dépendait de Louis JOXE d'une part et du GPRA d'autre part.
Farès avait manifesté son adhésion au GPRA dès
la naissance officielle de ce dernier, le 18 septembre 1958. C'était
lors de sa présentation à la presse internationale, au Caire,
par Ferhat Abbas le 18 septembre 1958.
Il ne faut jamais oublier que Farès était présent,
comme représentant officieux de De Gaulle, à l'entrée
en fonction officielle du GPRA. 18/09/58, 10 jours avant le referendum
maudit.
Farès était aussi le porte-parole officieux de Georges Pompidou,
alors que celui-ci occupait les fonctions de Chef du Cabinet du Général
De Gaulle.
Georges Pompidou, le rédacteur du DOCUMENT : le très important
document Pompidou qui regroupait tout l'échelonnement des manuvres
qui allait permettre d'aboutir à des négociations avec l'ennemi,
c'est-à-dire le FLN. Négociations entre l'Elysée
et l'Organisation Extérieure de la Rébellion Algérienne
d'abord, et le GPRA ensuite.
Cette deuxième partie des négociations s'effectuant par
l'intermédiaire du chargé de mission clandestin qu'était
Farès, le pèlerin de Montreux. Document Pompidou qui était
déjà préparé dès le début de
l'été 1958 comme un guide de la liquidation de l'Algérie
française.
En réalité, ce " vecteur négociation-abandon
" partait de l'Elysée vers l'organisation extérieure
de la rébellion, puis vers le GPRA. Son sens, au sens le plus mécanique
du terme, était rigoureux.
Le Matignon de Michel Debré n'était pas situé sur
son trajet : nous précisions encore, sur le trajet, c'est-à-dire
sur le vecteur qui de De Gaulle était orienté vers le GPRA,
via Farès.
Il ne faut pas s'étonner outre mesure si Matignon a pu se laisser
aller, en apparence, à donner vie à quelques états
d'âme, à quelques fantasmes, sous la forme de certains projets
supposés, qui semblaient pouvoir contrecarrer la politique élyséenne.
Projets qui cependant, ne gênaient en rien l'Elysée qui s'est
contentée de les surveiller et de les contrer en temps voulu par
le biais de décisions qui passèrent, théoriquement,
par-dessus la tête des hommes de Matignon.
En ce qui concerne le FAAD, et tout particulièrement de ses contacts
avec un secteur faisandé de l'OAS, ce que nous venons de dire fut
couronné, en dernière étape, par l'arrestation du
Général Salan, le Vendredi Saint 1962. Arrestation dont
la responsabilité doit être imputée, sans nuances,
à Lavanceau, Géronimi et deux responsables de l'OAS. Ces
deux derniers, étant très proches du général
Salan. Ils avaient cru, nous dit-on, s'être incorporés à
une conjuration " matignonaise ", contre l'entreprise élyséenne.
La naïveté, dans cet épisode tragique, est tellement
invraisemblable, que j'affirme une certitude : elle constitue en réalité
un camouflage très efficace de la trahison. Celle qui naît
de traîtres qui s'ignorent, du moins en apparence.
En réalité, une attitude mise en pratique par ceux qui étaient
prêts à tout accepter, pourvu que le combat s'arrêtât
et qu'une possibilité de sauvegarde fut offerte aux partisans de
cette conjuration.
Les pseudo-conjurés qui prétendaient s'allier au FAAD, ne
pensaient qu'à une chose : sauver leur peau et participer à
l'élimination des gêneurs.
Ceux qui nous reprochent, parfois aujourd'hui encore, d'avoir refusé
la main que nous tendait en apparence le FAAD, la main que nous tendait
le messalisme à travers le FAAD, s'identifie dans le meilleur des
cas, à des ignares, dont on ne peut dire qu'ils étaient
bien intentionnés.
Ils étaient prêts, à n'importe quel prix, à
vivre dans une Algérie indépendante, dans une Algérie
où l'on méprise la France.
La France qui, officiellement, a subi à la face du monde, la
victoire du FLN.
Une France gaulliste, qui aurait accepté le cur léger
que quelques centaines de milliers de Pieds Noirs, fussent réduits
à la plus odieuse des dhimmitudes. Après avoir accepté
la liquidation physique ou plutôt le lynchage de ceux de l'OAS qui
ont refusé de s'inclure dans un dispositif qui ne prétendait
qu'à garder en Algérie un cheptel de Pieds Noirs, utiles
à la vie de l'Algérie.
Je rappelle en synthèse, que le FAAD fonctionnait en Algérie
sous le contrôle de celui qui commandait la Sécurité
Militaire. C'est-à-dire l'ensemble des services spéciaux
qui fonctionnaient sous contrôle exclusif de l'Elysée. Et
surtout, qui agissaient en collaboration étroite, dans le cadre
le la lutte anti-OAS, avec le nouveau chef de la ZAA mis en place à
Alger après la capitulation du 19 mars 1962. Un responsable qui
n'a pas hésité à déclarer lors d'une interview
radiophonique qu'il avait entrepris un noyautage d'une certaine fraction
de l'OAS.
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