NOTE du 25 novembre 2009
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A l'attention de Serge JOURDES Par l'intermédiaire de M. Guy Sciorella
Dans le souci de contribuer à une meilleure compréhension du Pourquoi et du Comment de l'assassinat de la France Sud-Méditerranéenne (Evian 18 et 19 mars 1962), le Docteur Jean-Claude Pérez évoque l'événement du 24 janvier 1960. S'approche en effet le cinquantième anniversaire de cet épisode de l'histoire de l'Algérie française, plus connu sous la rubrique des : BARRICADES D'ALGER Cette étude nous est proposée par l'auteur en 3 chapitres. CHAPITRE I : c'est l'étude n° 19, ou plutôt du courriel n° 19. Il est consacré à ce qui fût l'événement déclencheur : le pauvre discours du 16 septembre 1959, prononcé par le général De Gaulle. Un pauvre discours pourquoi ? Parce qu'il est, avant tout, plein de mépris pour l'Algérie et pour les Algériens de toutes confessions. Ainsi, d'après lui, vivent sur cette terre d'Algérie, " des populations " ou plutôt elles " y végètent ". Cette population " double tous les 35 ans ". Des populations, dit-il, qui sont " plongées dans une misère qui est comme leur nature ". Alors que prétend-il faire de l'Algérie ? - Première option : la sécession : il la rejette, et ne riez pas de ce qu'il ose préciser : elle entraînerait " une misère épouvantable, un chaos politique, un égorgement généralisé et aboutirait à un extraordinaire malheur ". - Deuxième option : la francisation. Il l'évoque en
termes tels, qu'il peut inspirer une réaction de rejet de la part
des Français métropolitains. Eveiller une peur chez nos
compatriotes. Il le fait d'ailleurs, avec une perfidie géniale.
Ecoutons-le : - Troisième option : une Algérie en union étroite
avec la France
Challe, Massu, Jean Brune et d'autres en effet, ont applaudi à ce discours. Il a fallu faire preuve : - d'une part, d'une clairvoyance de visionnaire pour démontrer que l'Algérie française était désormais en danger de mort imminente ; - d'autre part, d'une volonté de fer pour mobiliser une fraction de l'élite et du peuple français d'Alger. Peuple d'Alger qui fut bien seul dans cette semaine du 24 au 31 janvier 1960 inclus.
CHAPITRE II : c'est la matière de l'étude n° 22 ou du courriel n° 22 Il est consacré au comportement du " Monde Algérie française " en réaction au discours du 16 septembre 1959, et tout particulièrement à Alger. Il a fallu à Jean-Claude Pérez et au Front National Français créé par Ortiz en 1959, être animés d'une foi immense dans le destin de l'Algérie française, pour engager le combat. Ils furent confrontés à l'apathie du peuple pied-noir et surtout, à l'incompréhension de nos militaires. Ceux-ci vivaient dans une euphorie démobilisatrice : celle qui était générée par les brillants résultats des opérations menées " sur les crêtes " par le général Challe, avec ses brillantes unités de Réserve Générale. Personne n'avait compris que ces brillantes opérations étaient conduites pour le bénéfice exclusif et surtout le bénéfice politique de Ferhat Abbas et du GPRA. Elles avaient pour but, en effet, de les débarrasser de la menace que représentaient les Katibas de l'intérieur. C'était le prix à payer par De Gaulle pour obtenir le cessez-le-feu de la part du GPRA. Un cessez-le-feu que De Gaulle quémandait sans arrêt. Jean-Claude Pérez a consacré dès lors tout son temps à combattre cette apathie qui affectait les élites et le peuple algérois. Il fut cependant autorisé par Massu à élargir le recrutement de ses commandos de choc du FNF au sein des UT et du DPU . Il le fit au mieux possible, malgré l'indifférence ombrageuse d'une majorité d'officiers UT qui refusaient de s'engager en tant que tels dans cette phase de la lutte qui s'imposait. Le 23 janvier 1960, s'est constituée la Fédération des UT d'Algérie. Le commandant Sapin-Lignières en devint le président. Marcel Ronda le secrétaire général. Ronda faisait déjà partie du bureau directeur du Front National Français. Mais les chefs de bataillon UT, sur les conseils appuyés du commandant du bataillon d'Alger-Centre, refusèrent de faire participer leurs effectifs en uniformes et en armes, à la manifestation décidée pour le dimanche 24 janvier 1960. Ce fut une attitude catastrophique. Infâme. Nous reçûmes très vite cependant, l'adhésion du capitaine Jourdes, officier UT qui incorpora la Compagnie Opérationnelle, avec ses officiers, au dispositif qui interviendra le 24 janvier. Les capitaines Ronda et Jourdes, deux officiers engagés dans ce combat nécessaire . qui ne se dérobèrent jamais devant de graves responsabilités. Il reste vrai que durant la journée du 24 janvier, la foule s'est fait attendre. C'est Bab-El-Oued qui a sauvé la journée du 24 janvier, en se présentant en masse pour sauver la manifestation. Et cet événement, l'ennemi gaulliste ne l'oubliera jamais : pour tuer l'Algérie française, il lui faudra tuer Alger. Et pour tuer Alger, il lui faudra tuer Bab-El-Oued en premier lieu. Il essaiera de le faire en mars 1962.
Ce chapitre est divisé en deux parties. - Première partie : " L'assassinat des gendarmes par la gendarmerie " C'est l'histoire de l'origine réelle de la fusillade du 24 janvier déclenchée par Delouvrier , Crépin et Fonde sans en référer au général Challe. - Deuxième partie : le 25 janvier 1960 à partir de 5 heures du matin, se déroulent des rencontres entre Jean-Claude Pérez d'une part, et Sergent , Broizat et le général Gracieux, commandant la 10ème DP, d'autre part. Pendant trois jours, fut vécu un enthousiasme militaire perceptible. Tout bascula à partir du jeudi quand Delouvrier réussit à arracher Challe à l'ambiance algéroise. Il l'emmena à la Reghaïa . Ce fut la fin de la semaine des Barricades. Avec pour Jean-Claude Pérez une suite que l'on connaît : - le commando Alcazar,
" Le sang d'Algérie " aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX |